Cambodge – Immobilier : La demande chinoise et le boom de la construction

La valeur des projets de construction au Cambodge a augmenté de plus de 22% par rapport à l’année précédente, portant celle-ci à 6,4 milliards de dollars en 2017, indiquent les chiffres officiels, révélateurs d’un boom de la construction propulsé par les investisseurs chinois. Le ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de la Construction a déclaré avoir approuvé un total de 3 052 projets, couvrant plus de 10 millions de mètres carrés (108 millions de pieds carrés) l’année dernière. Le ministère n’a toutefois pas ventilé les projets résidentiels et commerciaux, ni indiqué la nationalité des promoteurs.

Blue Bay à Sihanoukville
Blue Bay à Sihanoukville

Toutefois, la profusion d’investissements chinois semble évidente à la vue des gratte-ciels qui s’érigent  à Phnom Penh, les hôtels et casinos qui se construisent à destination des acheteurs chinois dans la station balnéaire de Sihanoukville. ”…Beaucoup d’appartements et de condominiums sont construits pour des investisseurs chinois…Les gens qui achètent ces propriétés ne vivent pas ici, ce sont de purs investissements…”, déclare Chrek Soknim, PDG de la société immobilière Century21 Mékong.

La Chine reste de loin le plus gros investisseur étranger au Cambodge – comptant pour environ 30% des investissements enregistrés en 2016, selon les chiffres officiels. Le Prince Real Estate chinois et Yue Tai Group devaient tous deux lancer d’importants projets en 2018, a déclaré Tom O’Sullivan, PDG de realestate.com.kh. Mais il a ajouté qu’il y avait aussi un marché en croissance pour les acheteurs locaux, avec des ventes de copropriétés oscillant entre 22 000 $ à 90 000 dollars US l’unité. “…La réalité est que Phnom Penh a besoin de plus de maisons pour répondre aux besoins de la classe moyenne…”, déclare-t-il.

Les tensions politiques de l’année dernière ont eu peu d’impact sur l’investissement, indiquent les spécialistes de l’immobilier. Le principal parti d’opposition cambodgien a été interdit après l’arrestation de son chef, Kem Sokha, pour des accusations de trahison, selon lui, motivées politiquement. Malgré les critiques des donateurs occidentaux du gouvernement du Premier ministre Hun Sen pour ses actions contre l’opposition, la Chine s’est tenue aux côtés du Cambodge. Le Premier ministre chinois Li Peng a signé une série de nouveaux accords d’aide et d’investissement à Phnom Penh la semaine dernière.

“…Les investisseurs chinois ne sont pas préoccupés par les prochaines élections…Il y a eu peu d’opposition ouverte à la présence chinoise croissante au Cambodge…”, ajoue O’Sullivan. Mais dans un rare signe de friction, la police cambodgienne a arrêté récemment 74 ressortissants chinois qui travaillaient sur un projet de condominium à Phnom Penh. Uk Heisela, chef de l’enquête au département de l’immigration, a déclaré qu’ils étaient soupçonnés de travailler sans permis et de résider illégalement.

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