Cambodge – Patrimoine : Angkor Wat fête ses 25 ans d’inscription à l’UNESCO

Sous l’égide du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts, le site archéologique d’Angkor Wat fêtait ce jeudi le 25ème anniversaire (1992-2017) de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. A cette occasion, Mme Mèn Sam An, Vice-Premier ministre et ministre des Relations avec le Parlement et de l’Inspection, a tenu à remercier, lors de son discours d’ouverture, les nombreux partenaires qui ont permis de préserver et de restaurer les temples du site.
Mme Mèn Sam An, Vice-Premier ministre et ministre des Relations avec le Parlement et de l’Inspection. Photographie AKP
Cette célébration-anniversaire s’est déroulée jeudi soir devant le temple d’Angkor Wat, devant plusieurs milliers de spectateurs et d’officiels, diplomates, écoliers, lycéens, et responsables d’associations qui ont pu assister à plusieurs spectacles de danse traditionnelle et des performances musicales. 
Plusieurs milliers de participants pour cet anniversaire. Photographie AKP
Le vice-Premier ministre a également conseillé à toutes les parties concernées de chercher à développer des programmes touristiques en harmonie avec une perspective de développement durable. De son côté, Anne Lemaistre, chef du bureau du Cambodge pour l’Unesco a déclaré à la presse locale qu’il y avait eu eu d’énormes changements depuis les débuts de l’inscription en 1992 alors que beaucoup d’infrastructures de base n’avaient pas encore été construites, que l’Autorité Apsara n’avait pas encore été établie, et qu’il n’y avait pas de loi sur la protection du patrimoine. 
Anne Lemaistre, chef du bureau du Cambodge pour l’Unesco. Photographie AKP
”…À l’époque, moins de trente personnes travaillaient pour nous, venues de France, du Japon, d’Allemagne, d’Italie et d’Inde. Ce sont ces pionniers qui ont vu de leurs propres yeux les défis auxquels nous avons dû faire face pour mériter la reconnaissance du Parc archéologique d’Angkor. Depuis lors, le nombre de pays impliqués dans les efforts de préservation et de restauration est passé à 23, et plus de 150 projets de restauration ont été achevés à ce jour….”, a-t-elle déclaré.

25ème anniversaire (1992-2017) de l’inscription d’Angkor Wat sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
En 1993, Angkor Wat avait accueilli environ 7 000 visiteurs, les derniers chiffres situent le nombre de touristes qui visitent les temples à environ cinq millions de personnes par an…Depuis 1993, le CIC-Angkor (Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor), assure la coordination des projets de restauration et de conservation qui se succèdent, exécutés par le gouvernement royal du Cambodge et ses partenaires internationaux. Il assure la cohérence des divers projets, définit les normes techniques et financières et appelle l’attention de  toutes les parties concernées. Il contribue aussi à la gestion globale du bien et à son développement durable. La réussite de la conservation du bien par l’Autorité nationale APSARA, suivie par le CIC-Angkor, a été récompensée par le retrait du bien de la Liste du Patrimoine mondial en péril en 2004.
En 1992, suite à un appel à l’aide de Norodom Sihanouk, Angkor Wat a été inscrit au Patrimoine mondial en péril de l’UNESCO (plus tard enlevé en 2004) et site du patrimoine mondial avec un appel de l’UNESCO à la communauté internationale pour sauver Angkor. Le zonage de la zone a été mis en place pour protéger le site d’Angkor en 1994, L’autorité APSARA a été créé en 1995 pour protéger et gérer la zone, et une loi pour protéger le patrimoine cambodgien a été adoptée en 1996. Un certain nombre de pays tels que la France, le Japon et la Chine sont actuellement toujours impliqués dans divers projets de conservation. Le projet allemand de conservation d’Apsara (GACP) travaille pour protéger les devatas, et d’autres bas-reliefs qui décorent le temple. L’enquête de l’organisation a révélé qu’environ 20% des devatas étaient en très mauvais état, principalement en raison de l’érosion naturelle et de la détérioration de la pierre, mais en partie aussi en raison des efforts de restauration antérieurs. 
D’autres travaux consistent à réparer des parties effondrées de la structure et à prévenir d’autres effondrements: la façade ouest du niveau supérieur, par exemple, a été étayée par des échafaudages depuis 2002, tandis qu’une équipe japonaise a achevé la restauration de la bibliothèque nord de l’enceinte extérieure en 2005. Le World Monuments Fund a entamé des travaux de conservation sur la Galerie du barattage de la mer de lait en 2008 après plusieurs années d’études sur son état. Le projet a restauré le système traditionnel de toiture khmère et enlevé le ciment utilisé lors de tentatives de restauration antérieures qui avaient entraîné l’entrée de sels dans la structure située derrière le bas-relief, décolorant et endommageant les surfaces sculptées. La phase principale des travaux a pris fin en 2013.
Depuis qu’Angkor Wat a connu une croissance significative du tourisme au fil des années, l’UNESCO et son Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor (ICC), en association avec des représentants du gouvernement royal et de l’APSARA, ont régulièrement organisé des séminaires pour discuter du concept de “tourisme culturel”. Désireux d’éviter le tourisme commercial et de masse, les séminaires ont souligné l’importance de fournir un hébergement et des services de haute qualité pour que le gouvernement cambodgien puisse en tirer profit économiquement, tout en intégrant la préservation et la richesse de la culture cambodgienne. 
La perspective de développement de grands ensembles résidentiels proches des temples a suscité des inquiétudes de la part de l’APSARA et de la CPI, affirmant que les développements touristiques précédents dans la région ont négligé les réglementations de construction,m et que plus de ces projets pourraient endommager les caractéristiques paysagères. En outre, la grande échelle de ces projets a commencé à menacer la qualité des réseaux d’eau, d’égout et d’électricité de la ville voisine. Il a été noté qu’une telle fréquence de tourisme et une demande croissante d’hébergements de qualité dans la région, tels que le développement d’une grande autoroute, ont eu un effet direct sur la nappe phréatique souterraine, mettant à rude épreuve la stabilité structurelle des temples d’Angkor Wat. Les habitants de Siem Reap ont également exprimé leur inquiétude que le charme et l’atmosphère de leur ville soient compromis aux seules fins de divertir le touriste. 
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