Jean-Baptiste Phou, interview flash

Jean-Baptiste Phou, interview flash

A l’occasion de son prochain retour dans le pays pour prendre la direction de l’ONG Cambodia Living Arts, découvrir ou re-découvrir l’interview de l’artiste réalisée lors de la sortie de son spectacle ”l’Anarchiste” sur DVD.

Jean-Baptiste Phou
Pourquoi sortir un DVD de la
pièce, s’agit-il de la fin des représentations et de créer une deuxième vie
pour cette œuvre  ou cela correspond-il tout simplement à répondre à une
demande du public ?
Pour la création du spectacle en mars 2014, nous
avons donné à peine une dizaine de représentations. Beaucoup de personnes n’ont
pas pu voir la pièce. Cela leur donne l’opportunité de le faire, même s’il est
vrai qu’une représentation sur scène et une captation vidéo sont deux choses différentes. Nous espérons tout de même pouvoir un jour reprendre ce spectacle.

Comment se prépare le film d’une
pièce, joue-t-on spécialement une ou deux fois pour les caméras ou choisit-on
parmi les archives des précédentes représentations ?

Nous avons travaillé avec le partenaire Greenmango
qui a organisé l’aspect technique et artistique. La captation s’est faite à 5
caméras pour offrir plus de choix au montage, et avec plusieurs micros
d’ambiance au sol et au plafond pour soigner le son. Les lumières du spectacle ont
également été adaptées pour la version filmée. Il y a eu une prise unique, mais
uniquement pour les caméras.

Il y a-t-il un backstage dans ce
DVD, les fans pourront-ils découvrir 
comment Jean-Baptiste Phou se prépare avant une pièce ?

Dans le DVD, il y a effectivement des bonus :
Des interviews de moi-même et de Elisabeth Bardin, la danseuse comédienne qui
m’accompagne sur scène. Il y a également des images des coulisses et des répétitions.

Quelles sont les espérances avec
ce DVD ? Promouvoir la pièce, générer des recettes ou les deux ?

Le DVD donnera surtout l’occasion à celles et
ceux qui ne l’ont pas vu sur scène de découvrir la pièce, notamment en dehors
de la France. Et les recettes dégagées serviront pour une éventuelle reprise.


il-y-t-il un projet de long
métrage avec l’anarchiste même si le sujet est difficile, ce serait original et
différend d’une pièce filmée ?

Adapter « l’Anarchiste » au cinéma serait surtout un pari fou… et excitant ! Par contre, je ne crois pas qu’il
faille se baser sur la pièce. Pour l’adaptation scénique, je suis parti du roman
pour en dégager la dramaturgie. Pour un film, je pense qu’il faudrait également
repartir du roman, mais pour cette fois en dégager les aspects
cinématographiques.

Auriez-vous un réalisateur préféré
si ce projet vous plait et pouvait se concrétiser?

S’il était permis de rêver, je dirais… David
Fincher! (The Game, The Curious Case of Benjamin Button et The Social Network)

L’anarchiste est un rôle physique,
éprouvant, n’avez-vous pas envie de vous détacher parfois d’une pièce qui
risque peut-être de coller à la peau ?

En tant que comédien, interpréter un
personnage aussi extrême que Virak est un pur bonheur. Certes, c’est difficile,
mais c’est ce qui fait tout son intérêt. Et je passe également par toute une
préparation physique, vocale, émotionnelle et de « transformation » pour
pouvoir entrer… et sortir du personnage.

La bande son et les effets lumière
sont particulièrement soignés dans la pièce, y participez-vous, vous
impliquez-vous dans tout le process ou déléguez-vous à l’équipe ?

Dans « l’Anarchiste », j’étais à la
fois sur l’adaptation, la production, la mise en scène et le jeu. Mais il est
très important pour moi de travailler en équipe. Aussi, je me suis entouré de
plus d’une dizaine d’artistes pour justement soigner tous les aspects du
spectacle : décors, musique, lumière, chorégraphie, vidéo, son, animation,
costume… Chaque collaborateur a apporté sa touche et son talent, mais en tant
que metteur en scène, je supervisais le tout et validais les choix finaux.

Quel est le meilleur souvenir avec
l’anarchiste?

La période de création et de répétition. Un
moment magique, où on explore, on cherche tous ensemble.

Quel est le pire souvenir?
La fin ! Lorsqu’il a fallu démonter et
stocker les décors dans ma cave.

Quels sont les projets de Jean-Baptiste Phou?

Je suis en préparation d’un projet musical
avec la chanteuse Amara Chhin. De même, l’image m’attire de plus en plus. Je
continue à écrire des scénarios, et aimerais réaliser mon premier court
métrage. Enfin, je rêve d’adapter la pièce « l’Anarchiste » en khmer et de recréer le spectacle au Cambodge avec des acteurs
cambodgiens… il ne manque plus que les finances!

Note sur l’Anarchiste (par IFC )
Publié en France en 1980 par l’écrivain cambodgien Soth Polin, L’Anarchiste est un roman âpre, déroutant, où s’exprime la culpabilité d’un homme persuadé d’être à l’origine des malheurs du Cambodge. Longtemps indisponible, le texte a été republié en poche en 2011, sous l’impulsion de l’écrivain Patrick Deville, auteur du roman Kampuchéa (2011, éditions du Seuil).Jean-Baptiste Phou, comédien, metteur en scène et auteur franco-cambodgien auquel on doit la pièce Cambodge, me voici, a relevé le défi d’adapter au théâtre ce texte inclassable.
Synopsis
Paris, 1979. Virak, Cambodgien exilé chauffeur de taxi, sort indemne d’un accident de voiture. Pendant que sa passagère, une touriste anglaise, se meurt, ce anti-héros lui confie ses tourments, raconte et revit sa descente aux enfers intimement liée à l’histoire de sa première patrie : journaliste politique, il est persuadé d’être responsable de l’ascension au pouvoir des Khmers rouges. Avec ce spectacle pluridisciplinaire, qui prend la forme d’un monologue exalté, et qui mêle danse, musiques originales, vidéo d’animation et images d’archives, Jean-Baptiste Phou espère faire découvrir un pan de l’histoire et un texte encore trop peu connus.
Voir le teaser:
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