Edito spécial, Charlie Hebdo

A propos de Charlie l’insolent
Exceptionnellement, je me permets d’écrire sur un sujet qui n’a pas de lien
direct avec le Cambodge, tout simplement parce que, à l’image de nombreux
autres français, qu’ils soient ‘’là-bas” ou expatriés, nous sommes tous
bouleversés par cet événement qui marque une nouvelle escalade dans l’abject et
frappe le pays dans ce qu’il a aussi de plus cher : la liberté et la
tolérance.
La première pensée devrait d’abord aller vers les familles et les
proches. Ensuite, au-delà de l’interprétation de cet attentat ignoble, c’est
une grande tristesse devant la mort de caricaturistes de talent, nous avons
tous au moins une fois rigolé devant l’humour noir, parfois très Coluche ou
Desproges, des dessins de Cabu ou Wolinski. Aujourd’hui, une presse que seule
la tolérance et la liberté pouvaient autoriser est meurtrie, va-t-elle
disparaitre ou se sentir tellement menacée qu’elle va devenir timide ?
Personne ne peut le savoir.  Ensuite, ce
qui m’attriste et m’exaspère déjà sont les images de ce policier implorant son
agresseur pour lui épargner la vie et qui se prend une balle en pleine tête de
sang froid. Ces images auxquelles s’ajouteront probablement celles des familles
en pleurs font faire le buzz, non par compassion, mais par voyeurisme et
curiosité malsaine. Ensuite, encore plus exaspérants seront les débats autour
du caractère plus ou moins terroriste de l’attentat. A voir, mais quand deux
types abattent une dizaine de personnes en criant ‘’Allah est grand’’, quand on
voit avec quel sang froid l’action meurtrière s’est déroulée, j’ai peine à croire à ‘’l’incident
social’’. Aujourd’hui, la barbarie est entrée dans Paris, a massacré, littéralement,
une certaine idée de la presse et meurtri des familles. C’est grave, c’est
triste et affligeant. Quant aux responsabilités en amont, aux questions que
tout le monde se pose telles ’’ pouvait-on éviter cela ?’’, difficile de
faire une analyse sans être un spécialiste du problème mais, Charlie Hebdo était
déjà sous la menace, sous protection, parait-il, et donc, oui, ce n’est pas une
surprise malheureusement. Et, pour conclure, oui, c’est une grande tristesse de
voir disparaître quatre grands noms de la caricature et de l’esprit frondeur qui
animaient cet hebdo si particulier et parfois si pertinent.

CG

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