Crash du vol MH17 : la Malaisie a sa propre
version de la catastrophe
Les Néerlandais ont
enfin publié un rapport préliminaire sur le drame du vol MH17 du 17 juillet
dans le ciel de l’Ukraine. L’avion s’est disloqué en vol sous l’effet des «
dégâts structurels causés par un grand nombre de projectiles à grande vitesse
qui ont pénétré dans l’avion depuis l’extérieur ». En d’autres termes, l’avion
malaisien a été abattu, ce qui ne faisait d’ailleurs que peu de doute.
Le rapport du 9
septembre n’a pas dévoilé les mystères de la catastrophe. Il a seulement fait
la synthèse des données reçues. Cependant le rapport a servi de nouveau
prétexte aux experts indépendants pour revenir à la discussion sur des versions
de la tragédie différant fortement de la version que Kiev et Washington ont
fait croire au monde. A savoir que l’avion aurait été abattu par les «
séparatistes »
avec la connivence, voire « l’aide », de la Russie. Les trois
versions essentielles sont disponibles: l’avion a été abattu avec un système
de missiles Buk par méprise par les troupes ukrainiennes; l’avion a été abattu
par le même système de missiles manipulé par les miliciens; l’avion a été
abattu par un missile sol-air et mitraillé par les chasseurs ukrainiens. Toutes
les autres versions ne sont que des dérivés des trois premières. Il y a
cependant une quatrième version, la plus exotique: une tentative d’attentat
contre le président de Russie Vladimir Poutine entreprise par Kiev. Le 17
juillet, les couloirs des deux avions (malaisien et présidentiel russe) se sont
croisés au-dessus de la Pologne. La configuration et même les couleurs des
avions se ressemblent. Mais l’avion du président Poutine est passé par le
couloir une heure plus tôt. La partie russe trouve cette version absurde.
L’avion de Poutine n’a pas survolé l’Ukraine. La Russie est intéressée
peut-être plus que les autres à établir la vérité, estime l’expert du Fonds de
la perspective historique Pavel Sviatenkov : ‘’Il y a un haut degré de
probabilité que la catastrophe du Boeing malaisien soit une provocation du
gouvernement ukrainien. Un préjudice considérable a été causé à l’image de la
Russie. Nous allons œuvrer pour obtenir la vérité’
’. Selon le ministère russe
de la Défense, le jour de la catastrophe la reconnaissance radio a détecté le
fonctionnement du radar ukrainien Koupol dans une région contrôlée par Kiev. Ce
radar est destiné au guidage des missiles Buk. Les Ukrainiens l’ont déployé à
30 km de Donetsk. 
Photo: RIA Novosti/Andrei Stenin (archive)
Les moyens russes ont également détecté dans la zone du crash
des avions d’attaque au sol ukrainiens qui avaient accompagné le Boeing avant
son écrasement. En règle générale, les avions de ligne évitent le survol des
zones de conflit, note Alexandre Romanov, pilote russe expérimenté et
spécialiste de la sécurité des vols. Pourtant les contrôleurs ukrainiens ont
dirigé le vol MH17 dans la zone la « plus chaude » du conflit dans la région de
Donetsk: Il y a beaucoup de questions sans réponses. Une d’entre elles est
la question de savoir pourquoi l’avion s’est éloigné de 14 km de son trajet
tout juste avant le crash. Les enregistrements des conversations entre
l’équipage et les contrôleurs sont soigneusement cachés. La vérité ne sera pas
éclaircie tant que nous ne les entendrons pas. Un avion de ligne ne peut pas
s’éloigner de 14 km de son trajet concerté et établi à l’avance sans recevoir
une commande de l’aiguilleur du ciel. La qualification du personnel de la
défense antiaérienne ukrainienne suscite de forts doutes. Dans la version accusant les
miliciens beaucoup de choses ne collent pas, note Jean du Verdier, général à la
retraite de l’armée de l’air française et analyste militaire : ‘’Les accidents,
j’en ai étudié beaucoup. A l’heure actuelle, c’est un black-out total sur cette
affaire… Pour que l’avion soit tombé à côté de la bourgade Thorez, il faut,
compte tenu de sa vitesse de vol, qu’il ait été tiré, selon les calculs que
j’avais faits, très en amont à l’intérieur du territoire ukrainien. Qu’il ait
été atteint en tout cas ‘’.
L’expert français laisse entendre que le tir a été
fait depuis la profondeur du territoire ukrainien, mais les militaires
ukrainiens ont pu ne pas bien calculer le point d’impact. Le droit aérien
international qualifie toute guerre civile de menace à la sécurité du trafic
aérien. En l’occurrence, les autorités ukrainiennes auraient dû déclarer cette
zone interdite aux vols. C’est pourquoi, en vertu des règles de l’aviation
internationale, l’Etat ukrainien devra de toute façon porter la responsabilité
juridique et administrative pour cet accident, indépendamment des résultats de
l’enquête. Demain le ministre de la Défense de Malaisie Hishamuddin Hussein
arrive à Moscou pour mener les pourparlers sur le déroulement de l’enquête. ”Nul coupable de la tragédie ne doit échapper au jugement et à une punition
méritée”
, a-t-il déclaré. Un
rapport définitif doit être publié à l’été 2015. 

Avec l’aimable autorisation de  La Voix de la Russie. Andreï Fedyachine. Lien

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Haut de page