Asie-Pacifique: course aux armements…

Asie-Pacifique: course aux armements et risques de guerre ?
En l’absence d’accords politiques dans la région Asie-Pacifique,
avec les conflits latents en Mer de Chine, selon un sondage réalisé par Pew Research dans 11 pays, leurs citoyens sont
très préoccupés par une possibilité de conflit militaire avec la Chine. Ci-dessous, quelques éléments de l’analyse de Lioudmila Saakian
Une véritable course à l’armement se produit sur le fond de
nationalismes militants et de divergences inter-étatiques croissantes. Selon les
estimations des experts, l’Asie-Pacifique est devenue la région où les dépenses
militaires augmentent le plus rapidement dans le monde. La place de leader dans
cette course aux armements revient toujours aux Etats-Unis, mais derrière ce
pays se dressent la Chine et le Japon. D’autres puissances de la région sont
également en train d’augmenter leurs budgets militaires, alors que pendant de
nombreuses décennies ils étaient très inférieurs aux budgets de la défense de
nombreux pays européens. Les pays asiatiques se concentraient jusqu’à présent
sur l’économie, les investissements dans l’infrastructure et la recherche
scientifique. Désormais, de nombreux Etats ont commencé simultanément à
augmenter et moderniser leurs forces militaires. Les pays de l’Asie du Sud
connaissent actuellement une forte montée des nationalismes. Pour de nombreux
experts, cette montée est liée avec la croissance de l’influence de la Chine
dans ce domaine. Globalement, les Chinois n’ont jamais été particulièrement aimés dans cette région, mais les
sentiments anti-chinois se sont particulièrement renforcés ces derniers temps.
Un exemple récent en date: les émeutes anti-chinoises au Vietnam en mai,
provoquées par l’installation d’une plateforme de forage dans les eaux
contestées.
On ne peut pas ignorer la montée en force des sympathies d’extrême
droite au Japon, qui est en train de repenser sa politique de défense. Le
vice-président de l’Académie russe des problèmes géopolitiques, Vladimir Anokhine,
a une opinion sur cette question. ‘’Le
monde est sur le point d’entrer dans une nouvelle phase. Il devient
multipolaire. Et lorsqu’un pays prend du poids sur le plan économique, il veut
devenir plus actif. La croissance économique est toujours accompagnée d’une
l’escalade de la force militaire. Je comprends les craintes de la Corée du Sud,
du Japon et d’autres pays en ce qui concerne la Chine, mais c’est un processus
évolutif, un processus géopolitique normal. Le monde se trouve à un point de
rupture. La dynamique des processus sociaux, économiques et politico-militaires
s’accélère, et les contradictions s’intensifient. Mais tout le monde comprend
qu’aucun conflit militaire dans cette région ne permettra de résoudre les
différends au profit de qui que cela soit. ‘’. 
Par ailleurs, une grande partie de la population de la
région Asie-Pacifique craint que les différends territoriaux avec la Chine ne
conduisent à une guerre. Selon un sondage réalisé par  Pew Research dans 11 pays, leurs citoyens sont
très préoccupés par une possibilité de conflit militaire avec la Chine. Aux
Philippines, 93 % des personnes interrogées craignent une guerre avec la RPC,
tandis qu’ils sont 85 % au Japon, 84 % au Vietnam, 83 % en Corée du Sud, 72 %
en Inde, 66 % en Malaisie, 55 % au Bangladesh, et 52 % en Indonésie. Quant à la
Chine, 62 % des sondés ont indiqué que le litige territorial risque de
dégénérer en guerre. La situation est aggravée par l’absence de mécanismes
contractuels et juridiques efficaces dans la région Asie-Pacifique. Alors
qu’une architecture de sécurité sous l’égide de l’OSCE, même si elle joue un
rôle plutôt symbolique, existe en Europe, aucun organe équivalent n’existe en Asie.
Les problèmes de sécurité sont abordés à différents niveaux et sous des formats
divers, mais jusqu’à présent, cela n’a pas abouti à l’édition de documents
communs juridiquement contraignants pour les pays d’Asie. Par conséquent, les
pays de la région peuvent accroître leurs dépenses militaires sans restriction sans
être tenus d’en informer leurs voisins.

Extrait de / avec l’aimable
autorisation de La Voix de la Russie / Lioudmila Saakian / http://french.ruvr.ru/

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