Un polar de François Bizot à redécouvrir

Le Saut du Varan
Avec cet ouvrage publié en 2006, Francois Bizot, dont le nom
restera associé au ‘’Portail’’ pour l’éternité, replonge dans le Cambodge des années
70 à l’aube de la prise de pouvoir des Khmers Rouges. A l’évidence François
Bizot, qui excelle aussi dans le traitement du polar, garde un style
documentaire avec un talent et une précision remarquables dans la peinture des
personnages. Il fait lourd dans son roman, lourd comme cette ambiance de fin
des jours heureux, lourd comme dans cette cité des temples où se situe l’intrigue,
lourd comme la tension qui règne à l’approche du temps de la terreur.
Probablement en partie inspiré de sa propre expérience d’ethnologue, François
Bizot nourrit le roman de moult détails sur les difficultés d’assurer sa mission
de chercheur dans le Cambodge de ces années-là. L’intrigue démarre comme un pur
polar dans la première partie, il s’agit d’une enquête sur un meurtre. Une
jeune fille a été  assassinée et son corps découvert par un Français
travaillant à la Conservation d’Angkor. L’inspecteur divisionnaire
français, Boni, est donc chargé de l’enquête. Nous sommes en 1970, les
autorités cambodgiennes ne contrôlent plus grand chose dans la région de Siem
Reap où circulent les troupes du Nord Vietnam et les Khmers rouges. Les
Français ont depuis longtemps passé la main à Phnom Penh,  mais à Angkor,
les archéologues semblent encore gérer le site malgré les violents combats qui
se déroulent alentours. La deuxième partie s’éloigne pour laisser cours à des réflexions
plus mystiques, qui peuvent dérouter le lecteur. La fin est surprenante. Un
livre presque en deux parties, passionnant, parfois singulier mais une lecture agréable
ne serait-ce que pour les peintures de caractères et l’intrigue.

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