La viande australienne au Cambodge

Du bœuf australien au Cambodge
Le ministre de l’agriculture australien l’a confirmé, 10 000
têtes de bétail seront envoyées vers le Cambodge au titre de la diversification
des exports agricoles et du souhait de pénétrer le marché du Sud-est asiatique.
C’est sous la pression du syndicat des éleveurs exportateurs
australiens que Canberra a autorisé à nouveau ce type d’export qui était
interdit depuis 2012 en raison de la publication d’un rapport affligeant sur le
traitement des animaux australiens exportés en Indonésie. Selon Ben Hindle, Président
du syndicat, cela fait trois ans que la possibilité d’exporter vers le Cambodge
est un projet prioritaire, pour plusieurs raisons; la forte croissance du
marché asiatique et la situation délicate des éleveurs australiens affectés par
la sécheresse et certaines difficultés pour écouler leur viande sur le marché
australien. Toutefois, les procédures d’export doivent remplir des normes draconiennes.
En l’occurrence, le protocole ESCAS (Exporter Supply Chain Assurance System)
exige que les animaux vendus à l’export doivent être tracés et abattus selon
des règles d’hygiène et des procédures qui doivent pouvoir être contrôlées à
tout moment.
Bœuf australien
L’une des difficultés avancées par plusieurs éleveurs
cambodgiens est l’absence au Cambodge d’abattoirs aux normes internationales.
Les pratiques locales sont plutôt de l’abattage rudimentaire et donc forcément
peu compatibles avec des exigences de type international. Des associations de
sauvegarde australiennes se sont également interrogées sur ce projet d’export
et suggèrent d’exporter de la viande conditionnée plutôt que du bétail vivant
ou de construire un abattoir aux normes internationales. Ce serait chose faite dans
quelques mois alors que Hor Sim Leang, directeur de l’entreprise SLN Meat
Supply annonce qu’un abattoir aux normes ESCAS est en cours de construction à
Prek Toal et que cette unité devrait devenir le troisième plus gros abattoir d’Asie,
capable de traiter 3000 animaux par jour et donc à même de gérer la ‘’commande
australienne’’ de 10 000 têtes qui devraient arriver en Décembre au
Cambodge. Apparemment, le contrat devrait être signé avant l’ouverture de l’abattoir,
peut-être la charrue avant les bœufs ? Qu’un pays à forte vocation
agricole et donc d’élevage importe de la viande depuis un pays qui n’a pas
forcement la meilleure réputation en termes de qualité de viande risque de
soulever quelques questions. Le directeur du futur abattoir a répondu aux
critiques en affirmant que la demande de bœuf tendre était en constante
progression de la part des hôtels, que cette unité et cet accord avec l’Australie
permettront de réexporter la viande vers les pays environnants. 
Précédemment et peu en phase avec ces nouvelles mesures d’import,
un rapport de la Fao avait souligné le potentiel d’export du bétail cambodgien.
Ce rapport suggérait  que:”… l’élevage
représentait un potentiel important, mais en grande partie non exploité, pour
l’économie (exportations officieuses de 80 000 à 150 000 têtes de bétail) et
qu’il pourrait être critique pour la prospérité globale du Cambodge. Si ce
secteur était développé, il pourrait contribuer à lutter contre la pauvreté de
manière sensible. Les exportations officielles du Cambodge ne représentaient
que quelques dizaines de milliers de têtes. S’il était mis en valeur
correctement, l’élevage offrirait donc un potentiel considérable, surtout
dans la mesure où l’agriculture de subsistance continue de céder le pas à
l’agriculture commerciale depuis de longues années…”
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