Insolite et amusant parfois: Conseils pour les colons d’Indochine en 1923

Conseils pour les
colons d’Indochine…1923
A travers un livret d’une trentaine de pages, le
Docteur Spire prévient que les maladies ne sont ni plus ni moins graves qu’en
métropole. La vie et les risques associés dans les villes de l’Indochine diffèrent
peu de celle que les coloniaux auraient à Bordeaux ou à Marseille. Toutefois,
quelques conseils…

Extraits

“…L’exercice, surtout s’il n’est pas trop violent, est
plus que nécessaire dans ces pays ou la chaleur continue invite à la paresse
physique, à la limitation des efforts musculaires; je recommande
également la marche, l’équitation, la chasse, même si l’on ne pratique ce sport
que durant la bonne saison et qu’on évite de façon absolue les nuits d’affûts
et la chasse dans les marais. Pour un homme intelligent et observateur, la vie annamite
est d’un intérêt passionnant. Pour la comprendre et pour se rapprocher des
indigènes, il est utile d’apprendre l’annamite courant, qui se parle non
seulement en Cochinchine, mais aussi en Annam, et au Tonkin, et que comprennent
tous les chinois vivant dans la colonie. C’est une langue relativement facile à
posséder, à condition que l’on ait l’oreille musicale. Outre les facilités de
vie, les joies que donne la connaissance de l’autochtone, il est certain qu’au
point de vue de son travail, l’employé qui peut se passer de l’interprète
augmente notablement sa valeur commerciale. 
Les maladies vénériennes sont
extrêmement répandues dans la colonie. Le jeune européen, s’il est célibataire,
aurait donc à rester absolument chaste. Mais avec l’excitation, l’énervement du
climat tropical, les facilités de la morale annamite, il est bien difficile de
lui demander une continence de plusieurs années. Je reste donc partisan, en
Afrique comme en Asie, du mariage à la mode indigène, de l’union
temporaire avec une annamite choisie autant que possible dans sa famille. Cette
méthode à ses inconvénients, je ne l’ignore pas, mais c’est encore celle qui
permet de réduire au maximum les risques de contagions. Un dernier conseil au
débutant de la vie indochinoise : se méfier de l’opium. Je sais
combien les vieux fumeurs ont tendance à faire des prosélytes, vantant les
charmes de la drogue, son innocuité lorsqu’on se contente de quelques pipes
etc..etc..L’habitude prise, il est excessivement difficile de limiter ses
besoins toujours croissants de l’accoutumance, et c’est la lente dégradation,
aussi avilissante, sinon plus que l’ivrognerie, malgré le cachet
d’intellectualisme, d ‘élégance dont  les grands intoxiqués
décorent leur funeste passion…’’
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